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Tout d'abord, il faut trouver un partenaire. La cavalière qui ne
veut pas être une planchadora (cavalière usant plus le fond de sa robe que
ses chaussures) essayera d'adopter une attitude engageante et se
tiendra aussi prête que possible. Elle pensera à profiter des quarts
d'heure américains...
Le rôle du cavalier peut sembler moins ingrat, puisque c'est lui qui
choisit. La cavalière a le loisir de refuser, surtout si elle le fait
gentiment. Si beaucoup de cavalières vous refusent la danse, il y a trois
types d'explications possibles.
- Vous avez prouvé par vos évolutions sur la piste que vous n'étiez
pas très attentifs à vos cavalières. À vous de prouver que vous êtes un
bon cavalier. Cela ne veut pas dire que vous faites de nombreuses
figures, mais que vous demandez bien, de façon confortable, ce que vous
savez faire.
- Vous êtes un bon danseur mais vous avez invité une cavalière qui se
croit d'un niveau supérieur au vôtre. En général vous ne faîtes pas une
mauvaise affaire, ces cavalières ayant tendance à danser seules, vous
n'auriez de toute façon pas été heureux.
- Votre dernière douche remonte à quand ?
Euh ! si vous abordez le tango de cette façon, vous risquez de rester
souvent sur le bord de la piste. En tango, comme pour les autres danses,
on essaye d'user de galanterie pour inviter et raccompagner ses
cavalières.
Dans les règles de l'art (gentin), on invite une cavalière à distance,
d'un petit signe de tête (cabeceo). Cela n'interdit pas d'aller la chercher à sa place, le côté macho
étant un peu passé de mode.
La cavalière a pour elle l'arme de son regard. Si elle évite ou
soutient le regard du cavalier potentiel, la conclusion s'impose. Mieux
vaut en inviter une autre ou vite, elle m'attend !
Attention, ces jeux de regards se font plutôt quand on est assis, que
durant une danse. C'est une politesse pour sa cavalière du moment.
Votre meilleure publicité est de danser dans le respect de votre
cavalière, celles qui sont assises au bord de la piste sauront vous
repérer et n'auront alors d'yeux que pour vous... Vous risquez même de
vous faire inviter, ce qui se fait chez-nous et qui est bien agréable pour
les cavaliers timides ;-)
Une cavalière assise sur le bord de la piste pendant longtemps est
identifiée par les danseurs comme une mauvaise cavalière. C'est parfois le
cas, mais c'est aussi souvent une cavalière de passage dans la milonga. On
ne l'invite pas car on ne la connait pas. Très souvent, quand un bon
danseur l'a invitée et qu'elle a montré ses capacités, elle est très
invitée par la suite. Alors, cavaliers, n'hésitez pas à prendre des
risques. Vous aurez souvent de bonnes surprises et les galères ne dureront
qu'une dizaine de minutes, le temps d'une tanda.
Il n'est pas correct de ne pas danser la tanda
complète. Cette sanction doit-être exceptionnelle et même si le partenaire
est désespérément maladroit, essayez de briser la danse de façon
courtoise. Un(e) débutant(e) vexé(e), c'est un(e) futur(e) bon(ne)
danseur(se) qui n'éclorera peut-être jamais...
En revanche, n'hésitez pas à rompre avec un partenaire brutal, égoïste
et qui ne fait pas du tout attention à vous. Inutile de terminer la
milonga à l'hôpital. Le coupable finira peut-être par comprendre ce qu'est
le tango...
En résumé, vous obtiendrez plus de votre partenaire si vous le
mettez en confiance. A contrario, si cette personne ne pense qu'à
elle, faîtes de votre mieux pour conserver votre intégrité physique et
morale et fuyez dès que possible !
L'orchestre ou le DJ cherchent à vous faire lever de votre chaise.
Cependant, ne vous forcez pas à danser un tango qui ne vous inspire pas.
Faîtes des pauses.
En principe, à la fin d'une tanda on
regagne sa place, idéalement en raccompagnant sa cavalière. S'il y a une
cortina, la piste doit se vider.
Si la piste reste vide après la diffusion d'une nouvelle musique, le DJ
saura qu'il doit chercher autre chose. Si vous dansez tout le temps, il
pourra croire que tout vous plait...
Après une pause ou si votre cavalière est restée longtemps assise,
démarrez doucement, inutile de se faire un claquage.
S'il est considéré comme inconvenant de danser moins de trois tangos
avec son partenaire, c'est qu'il faut un certain temps pour se
synchroniser. Le premier tango sert à s'ajuster. Le second permet
d'explorer quelques pistes et le troisième démontrera que l'on a compris
les envies et capacités de sa cavalière.
Au delà de cinq tangos d'affilé, on commencera à se poser des questions
sur votre relation... Les couples dans la vie éviteront la tentation de
danser tout le temps ensemble. Sinon, il y a fort à parier que la femme ne
sera pas invitée lorsque l'homme ira voir ailleurs et surtout, ni l'un ni
l'autre ne progresseront dans le tango.
La priorité numéro un est la cavalière. Sinon, pourquoi faire du
tango...
La seconde est la musique. Le cavalier (et sa cavalière) doivent être en
harmonie avec la musique. Cela ne veut pas dire qu'il faut danser tous les
temps et contretemps, mais savoir écouter et interpréter. Si votre tango
devient mécanique et désynchronisé, il est peut-être temps de faire une
pause...
Pendant la danse, seule la musique a la parole. Si vous avez envie de
discuter avec votre partenaire, faîtes une pause à la fin de la tanda.
C'est normal de parler en dehors de la piste. Pas trop fort, bien sûr,
pour ne pas couvrir la musique.
Lors de la pratique, il est possible de donner une indication brève à
son partenaire pour lui expliquer ce que l'on cherche à faire, mais cela
doit être court et surtout courtois. Rien n'est plus pénible que ces
cavaliers ou cavalières qui se sentent obligés d'expliquer à l'autre tout
ce qu'il doit faire. Le cavalier bavard ferait mieux d'apprendre à guider
et la cavalière bavarde, à suivre le guidage... |